[Revue de presse] Immobilier d’entreprise à Montpellier

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15 juin 2020

Bouleversements attendus sur le marché de bureaux

La crise sanitaire, induisant de nouveaux comportements dans l’entreprise et dans les modes de consommations, aura immanquablement un impact sur les stratégies immobilières des entreprises. Digitalisation, télétravail, impératifs de distanciation sociale,… Comment les nouvelles organisations de travail vont-elles jouer sur le marché de bureaux montpelliérain, qui présentait, avant la crise, une importante pénurie d’offres en neuf ?

Dès la mi-mars, les professionnels de l’immobilier d’entreprise montpelliérains ont tous fait le même constat : un arrêt brutal des demandes entrantes. Le marché s’est figé. Néanmoins, ce n’est pas tant sur ce premier trimestre que sur les suivants que l’impact de la crise sanitaire du Covid-19 devrait se faire sentir.

« Le 1e trimestre est d’habitude une continuité de la fin d’année, plutôt dans une frénésie de développement, observe Christèle Marnas, directrice région Montpellier chez Tourny Meyer Méditerranée. Cette année, nous avons profité, au 1e trimestre, de belles transactions initiées 6 à 12 mois auparavant. Le ressenti sera plutôt pour le 3e trimestre… Nous avons enregistré une chute vertigineuse des demandes entrantes, mais peu de casse sur les sujets en finalisation. »

Les transactions n’ont pas porté sur de grandes surfaces, mais au total, selon l’observatoire de l’immobilier d’entreprises de la métropole de Montpellier, elles représentent quelque 6 000 m2 de bureaux transactés.

 

Manque d’offre en neuf

Il faut se rappeler que ce marché de l’immobilier de bureaux de la métropole de Montpellier est particulièrement dynamique et bat chaque année des records : en 2019, et pour la 2e année consécutive, il a franchi la barre symbolique des 100 000 m2 commercialisés (102 172 m2, et 104 489 m2 en 2018).

Mais en février dernier, les professionnels du secteur avaient en effet lourdement pointé du doigt cette pénurie d’offres de bureaux neufs, et s’inquiétaient de devoir attendre 2022, voire 2023, avec l’arrivée de la ZAC Cambacérès* autour de la gare TGV Montpellier Sud de France, pour retrouver un souffle dans le neuf…

 

« La lumière s’est éteinte du jour au lendemain »

A l’heure du déconfinement, les affaires reprennent « très timidement, à raison de 2 ou 3 par semaine au lieu de 15 en moyenne habituellement », témoigne Christèle Marnas, qui s’attend à un impact plutôt sur le 2e semestre.

 

Des « hub & club » à l’anglo-saxonne

L’autre impact de la crise sanitaire se situera probablement dans les évolutions des entreprises en termes de « consommation » d’espaces. L’accélération opérée dans la digitalisation des modes de travail, le déploiement massif du télétravail ou les nouveaux impératifs de distanciation sociale vont insuffler de nouveaux comportements dans les organisations de travail. Et les stratégies des entreprises en matière de bureaux vont s’adapter.

Christèle Marnas développe une observation similaire : « Selon l’étude de Bureaux Locaux, qui a interrogé 200 agents spécialisés en immobilier d’entreprise, 80 % des conseils spécialisés en immobilier d’entreprise estiment que le marché des commerces sera le plus bouleversé… Le télétravail a été une forme de révélation pour beaucoup de monde. On ne pourra plus faire venir tous les effectifs en même temps sur les plateaux. A moyen terme, on estime à 23 % le nombre de salariés qui resteront en télétravail, avec des rotations et on utilisera le télétravail comme variable d’ajustement… Dans les enquêtes qu’on a mené sur bureaux, un dirigeant sur 2 déclare qu’il va réaménager ses bureaux pour répondre à la nouvelle situation, et 60 % pensent que le télétravail va continuer dans une organisation globale multi-sites maison-coworking-présentiel. Et aujourd’hui, des gens réfléchissent même déjà sur l’idée d’avoir tous les collaborateurs en télétravail et de n’avoir en bureaux qu’un espace plus petit sous forme « hub & club » où les salariés pourront se croiser et échanger, à l’anglo-saxonne ».

 

« L’open-space sauvage a vécu ! »

Un phénomène pourrait se développer dans les pratiques des entreprises : aller vers une diversification de leurs options d’accueil et proposer à leurs salariés le télétravail à domicile ou des solutions externes comme le coworking.

C’est pourquoi, même si à court terme, la promiscuité et le brassage propres au coworking risquent de constituer un frein à ces espaces pourtant très en vogue avant la crise, ce besoin de solutions alternatives aux bureaux (un poste de dépenses important) ou au télétravail à domicile (pas toujours possible) pourrait constituer une opportunité pour le coworking.

Toutes ces évolutions auront-elles un impact sur les prix du marché de bureaux ?

« Sur le plan des loyers, peu de demandes sont remises du fait de la situation, ils vont donc rester stables, tout comme les prix de vente », pronostique Christèle Marnas.

 

Retrouvez l’intégralité de cet article sur le site La Tribune Occitanie Montpellier par Cécile Chaigneau.

 

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